Objet du mois

Les clés de José Ensch

Lorsqu’en 2005, à l’occasion du 10e anniversaire du Centre national de littérature, sa directrice Germaine Goetzinger, invita tous les auteurs luxembourgeois à participer aux célébrations dudit anniversaire, nombreux furent les écrivains et poètes à se manifester et à envoyer un cadeau. Poèmes, histoires personnelles, récits, calepins mondains, stylos et crayons, cartes de vœux, photos et dessins personnels ont été adressés au CNL.

Le trousseau de clés envoyé par José Ensch a particulièrement retenu l’attention du public présent aux célébrations et à l’inauguration de l’exposition y relative. Il s’agit de trois grandes clés anciennes, d’une longueur de 10 cm, retenues par un lacet muni d’un carton portant une inscription manuscrite :

à chacun sa clé pour
la vraie poésie qui
deviendra la sienne
pour le CNL
José Ensch
mai 2005

et le message personnel : Bonjour chère Germaine Goetzinger

cle_jose_ensch

José Ensch, grande poétesse de langue française, professeure au Lycée de jeunes filles à Limpertsberg, analysa l’œuvre de Gisèle Prassinos, lui dédia son mémoire de maîtrise et organisa des expositions en l’honneur de l’auteure. Elle interrompit pendant trois ans l’enseignement pour se consacrer à des études sur le surréalisme et analyser l’œuvre de Rosemarie Kieffer, d’Edmond Dune et de Joseph Émile Muller. Lauréate du prix Servais 1998 pour Dans les cages du vent, membre de l’Institut grand-ducal, José Ensch publia une douzaine de recueils de poèmes, discipline dans laquelle elle excella particulièrement.

Le trousseau de clés offert au CNL témoigne de la passion de José Ensch pour la poésie. Il symbolise l’ouverture aux sphères poétiques qu’elle souhaite transmettre à ses lecteurs. Les clés, avec leur pouvoir de lier et de délier, d’ouvrir les portes de l’œuvre d’un poète qui chante les beautés inspirées par les Muses, jouent ainsi un rôle initiatique. José Ensch souhaite que ces clés permettent un abord personnel, privé, voire intimiste au lyrisme, et permettent d’accéder à la vraie poésie que le lecteur peut ainsi apprivoiser, explorer et rendre sienne.

Jacques STEFFEN

  • Mis à jour le 01-04-2015